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Publié par education-therapeutique.over-blog.net

 

PARIS, 3 décembre 2014 (TICsanté) – Les représentants des régions Bourgogne, Lorraine, Midi-Pyrénées et Picardie ont analysé, à travers leur expérience, les facteurs de réussite du déploiement de la télémédecine, lors du congrès européen de la Société française de télémédecine (SFT-Antel), qui s'est tenu les 21 et 22 novembre à Paris.

La SFT-Antel regroupe les représentants de 13 sociétés savantes qui ont une ou plusieurs applications de télémédecine. Elle a changé de nom en 2014 -Société française de télémédecine au lieu d'Association nationale de télémédecine- en conservant l'ancien acronyme dans le nouveau (SFT-Antel), note-t-on.

Plus de 300 personnes ont participé à ce 7e congrès européen, dont le thème était "Formez-vous à la télémédecine !". Dix sessions pédagogiques sur les 12 étaient parrainées par une société savante partenaire de la SFT-Antel.

Plusieurs sessions pédagogiques avaient pour objectif d'apporter aux participants des réponses concrètes sur la mise en place d'un projet de télémédecine en Ehpad, en médecine de premier recours, en dialyse ou dans des pathologies ciblées comme l'apnée du sommeil, les plaies chroniques, les déficits cognitifs, le diabète gestationnel, etc.

Le congrès s'est ouvert par une table ronde animée par Pierre Simon, président de la SFT-Antel, visant à identifier les facteurs de réussite du déploiement en région de la télémédecine.

Les différents intervenants ont insisté sur l'importance de dépasser les réticences des professionnels de santé en répondant concrètement à leurs besoins. "C'est plus porteur que de déployer une stratégie nationale", a témoigné Eric Guyader, directeur du groupement de coopération sanitaire (GCS) e-santé Picardie.

"Si la demande vient du terrain, des solutions efficaces sont plus facilement trouvées", a-t-il poursuivi, en prenant l'exemple d'un dispositif de suivi des plaies à domicile demandé par les infirmiers libéraux et mis en place dans la région en 2013.

Christian Duboscq, directeur général de l'agence régionale de santé (ARS) Picardie, a appuyé ce propos en ajoutant que "ce qui fait avancer les projets ou pas, c'est l'intérêt des acteurs à agir". Il a pris l'exemple du CH de Beauvais où, suite au manque de radiologues, il a été un jour impossible d'assurer des gardes. "Alors que le débat n'avançait pas depuis des années, la téléradiologie s'est alors mise en place en trois semaines", a-t-il souligné.

Le directeur de l'ARS Picardie a aussi noté que l'une des clefs du succès est un "bon fonctionnement du binôme GCS/ARS", qui permet à la fois de développer le "bottom-up" et le "top-down". "Le point commun a toutes les régions qui avancent, c'est la confiance entre le GCS et l'ARS", a confirmé Christian Badinier, directeur du GCS Télésanté Lorraine.

Il a aussi souligné la nécessité d'avoir des "leaders" issus des territoires où sont développés les usages. "Les outils de télémédecine sont comme des personnes dépendantes, il faut des personnes pour les activer", a-t-il insisté.

Pour Cyrille Politi, administrateur du GCS e-santé Bourgogne, cette recherche de leader est facilitée par le fait que "des pionniers travaillent le terrain depuis longtemps". Le sujet est aussi porté politiquement, a-t-il souligné. "Les ARS ont intégré la question du numérique dans leur feuille de route ; on a aujourd'hui les moyens d'avancer, de passer des marchés", a-t-il déclaré.

"L'approche technique ne vient pas en premier, la gouvernance doit d'abord être là", a conseillé Anne Bertaud, responsable de mission à l'Agence des systèmes d'information partagés de santé (Asip santé). Plusieurs intervenants ont loué l'intérêt des plateformes régionales de télémédecine. Elles permettent "un meilleur respect des référentiels techniques de sécurité", a souligné Anne Bertaud, et "une meilleure communication entre les professionnels de santé", selon le représentant de l'ARS Bourgogne.

Chaque projet doit être porté par une organisation adaptée, à un maillage "qui n'est pas forcément celui de la région", a indiqué Pascale Martin, de l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap). Elle estime qu'il peut être intéressant de s'organiser "par usage" plutôt que "par filière", car "tout repose sur un projet médical".

Reste la question des coûts, qui reste un des enjeux de la télémédecine. "Les périmètres étant très variés, les coûts le sont aussi", a souligné Yannick Le Guen, sous-directeur à la direction générale de l'offre de soins (DGOS), citant "des rapports de 1 à 10 d'une région à l'autre". "Il va falloir rationaliser ces coûts", a-t-il prévenu.

mb/ab


Source: http://www.ticsante.com/story.php?story=2144&mjeton=alWUytSXA2XwzObKB8vpB-u4jD1RGbKZGOYM58Qf8ju4XKkv3xaUFt2a7PFjP3ra5Ad0uI8BU2XpJy_gej1LfdTBIfcDv5a9ZVzoe-AMy6I5AWl5mdjvSQ..#ixzz3KyJEYGQb

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