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Publié par education-therapeutique.over-blog.net

On trouve un rapport si on veut, mais il n'est pas évident, entre la Télésanté telle que conçue par le cadre réglementaire, et la création de services médicaux de conseil téléphonique payant...
PARIS, 23 février 2011 (TISsanté) – Deux sociétés de conseil ont annoncé, à quelques jours d’intervalle, le lancement de services médicaux téléphoniques destinés au grand public et aux entreprises, en se référant à chaque fois au cadre réglementaire de la télémédecine.
Moins de quatre mois après la parution du décret relatif à la télémédecine, les fournisseurs de services de téléconseil médical s’inspirent, avec plus ou moins d’à propos, de l’esprit de la loi pour promouvoir leurs nouvelles offres commerciales.

Ainsi, le 3 février 2011, les sociétés Wengo et H2AD annonçaient le lancement d’un service téléphonique payant (2,50 euros par minute), "conforme aux préconisations" déontologiques du livre blanc sur la télémédecine, publié par l’Ordre des médecins en janvier 2009 et "inscrit dans le cadre" du décret du 19 octobre 2010.

Pourtant, le conseil médical, inclus dans une mouture préliminaire du texte dévoilée par l’APM en novembre 2009, ne figure pas dans la version définitive parue au Journal officiel.

Après une prompte intervention du Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom), un nouveau communiqué paraissait le 7 février, délesté de ses références litigieuses. Selon le Dr Jacques Lucas, vice-président du Cnom chargé de la télématique de santé, le message initial "surfait sur des ambiguïtés", le téléconseil s’apparentant davantage à "une pré-régulation payante en amont du Centre 15" mais ne dérogeant pas au code de déontologie médicale.

Le service proposé n’en demeure pas moins ouvert à tous. Pour l’heure, dix médecins, répertoriés au tableau ordinal et salariés par H2AD, assurent une permanence téléphonique 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

Wengo indique sur son site Internet que "la conversation avec le professionnel de santé ne peut en aucun cas se substituer à une consultation avec le médecin traitant". En outre, chaque appel est enregistré et conservé par H2AD durant un an, mais aucune donnée de santé personnelle n’est saisie, assure Paul Verdiel, président de l’entreprise.

Ce premier épisode n’a pas échappé aux dirigeants de Médecin Direct, qui tenaient une conférence de presse dans un café parisien, le 14 février, pour présenter l’offre "Capital santé", proposée aux entreprises afin de "diminuer l’absentéisme sur le lieu de travail et améliorer l’efficacité des équipes", en offrant aux salariés des prestations de conseil médical par téléphone et par Internet.

L’entreprise, fondée en 2008 par la société de conseil ADB Pharma, fournit déjà ces services à certains souscripteurs des Assurances Crédit Mutuel et de la mutuelle lyonnaise MTRL depuis avril 2010.

Parmi les "près de 150.000 bénéficiaires" revendiqués à ce jour, un peu plus de 3% ont effectivement recours au téléconseil, rapporte François Lescure, président de Médecin Directet d’ADB Pharma. L’objectif affiché est d’atteindre le million d’utilisateurs potentiels en 2011.

Comme Wengo, Médecin Direct s’est associé à un hébergeur de données agréé par le ministère de la santé. Ainsi, Cegedim stocke les conversations téléphoniques des huit médecins concernés, ainsi que les données collectées dans des dossiers nominatifs. De plus, un dispositif de visioconférence et un service de "coffre-fort santé" complèteront l’offre dans les prochains mois.

A l’instar de son concurrent, Médecin Direct revendique sa filiation avec la loi du 21 juillet 2009, dite "loi HPST", dont découle le décret "télémédecine", ainsi qu’avec les positions du Cnom, "selon qui la télémédecine n’est que l’application des technologies de l’information et de la communication à l’exercice de la médecine".

La technique n’est toutefois pas une fin en soi et le prestataire de service "observe une réorganisation du système de santé avec la mise en place de la télémédecine (…), compte tenu des problèmes de pénurie de médecins dans certaines régions françaises".

Médecin Direct entend d’ailleurs participer à cette évolution et son président affirme que "certaines agences régionales de santé nous contactent pour mettre en place ce type de service", en particulier en Alsace et en Poitou-Charentes.

Une expérience similaire conduite en Suisse aurait démontré qu’environ "six questions sur dix sont résolues" par le téléconseil médical, soutient-il. En outre, des expérimentations locales permettraient de vérifier si certaines consultations et prescriptions peuvent être réalisées à distance et prises en charge par l’assurance maladie./gb/ar

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