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Publié par education-therapeutique.over-blog.net

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Le rapport sur la médecine de proximité, rendu par Elisabeth Hubert au chef de l’Etat le 26 novembre 2010, place le développement des systèmes d’information (SI) de santé et de la télémédecine au rang de "réforme structurelle" et formule une dizaine de propositions sur ce sujet.

Le développement des SI de santé et de la télémédecine est un "enjeu des 10 prochaines années" de la médecine de proximité, affirme Elisabeth Hubert dans son rapport. La présidente de la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (Fnehad), ancienne ministre de la santé publique et de l’assurance maladie, propose donc de "développer sans attendre un plan fait de diverses actions" afin de relever ce défi.

Les deux premières doivent être entreprises "dès 2011": mettre en œuvre "une messagerie sécurisée et interopérable" et intégrer "un volet médical de synthèse" dans le dossier médical personnel (DMP), dont le lancement national est prévu le 13 décembre 2010.

La messagerie sécurisée "peut être déployée sans délai et s’avère peu coûteuse mais nécessite une publication en urgence des référentiels de sécurité" par l’agence des systèmes d’informations partagés de santé (Asip santé), indique-t-elle.

Dans le même temps, l’élaboration d’"une fiche simple affichant les principales informations du dossier médical répondrait (…) aux besoins prioritaires des praticiens, à savoir disposer d’une information médicale structurée, pertinente et condensée", explique-t-elle.

Or, "tel qu’il est conçu et doit être mis en œuvre, il semble que le DMP ne comporte pas ce document", remarque-t-elle. Sa réalisation est pourtant "la condition indispensable à l’adhésion des professionnels libéraux de premier recours au DMP", dont la "non implication aurait pour conséquence l’échec de ce dispositif" affirme-t-elle.

Ces mesures, censées "produire à moyen/long terme des sources d’économies" auront d’abord "un coût qui doit être accompagné par les pouvoirs publics (…) sous peine d’en étendre les délais de façon très importante", prévient-elle. Le rapport suggère "d’assujettir ces financements de logiciels, de maintenance, de formation, à une utilisation réelle de ces services, le constat étant fait par le biais des éditeurs et sociétés de services informatiques du secteur".

Le coût d’un plan "ciblé sur les professions les plus exposées" est évalué par l’Asip santé à "60 millions d’euros sur deux ans soit 300 euros par poste de travail pour 200.000 postes, dont 100.000 médecins du secteur libéral", rapporte-t-elle. L’hypothèse pourrait toutefois être revue à la hausse car elle "apparaît modeste et oublie donc vraisemblablement certains services associés mais aussi parce qu’elle doit concerner l’ensemble de la chaîne de soins de l’ambulatoire", considère-t-elle.

"En contrepartie" de cet investissement "l’Etat doit pouvoir disposer, sous une forme rendue anonyme, des données médicales", poursuit-elle. A cette fin, le rapport préconise la création d’"une agence technique de l’information en santé, née de la fusion de l’actuelle ATIH (agence technique de l’information hospitalière) et d’une nouvelle entité dédiée à l’information ambulatoire".

Par ailleurs, le déploiement de la télémédecine pourrait bénéficier "opportunément (…) du grand emprunt", mais ne fera pas l’économie "d’une reconnaissance particulière dans le cadre de la classification des actes médicaux (…) sous peine de freiner le développement de la télémédecine et d’en décourager les précurseurs", souligne-t-elle.

De plus, "certains actes, comme la télé-expertise (…) nécessitent d’élaborer des protocoles de bonnes pratiques et de définir la responsabilité des différents acteurs, notamment celle du médecin sollicité et du médecin sollicitant (…). La loi et les codes de déontologie des professions de santé doivent donc être modifiés", énonce-t-elle.

En outre, le rapport recommande d’instituer "un groupe de travail pérenne en charge de (…) réduire le temps et la complexité des tâches administratives et de gestion par une double démarche de simplification et de dématérialisation des processus". Cette réflexion associerait "des représentants de l’Etat, de l’assurance maladie et des professionnels de santé".

Enfin, l’auteur conseille de compléter ce programme par un vaste "plan d’accompagnement de la conduite du changement" pluriannuel et multiforme, dont le montant n’est pas estimé./gb/ar

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