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Publié par education-therapeutique.over-blog.net

http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/departement/creuse/2013/12/03/une-experimentation-de-telemedecine-unique-en-limousin-a-lehpad-de-chambon-sur-voueize_1787408.htmlUne expérimentation de télémédecine unique en Limousin à l’Ehpad de Chambon-sur-Voueize

 

Photo Michele Delpy / La Montagne - tous droits reserves

Depuis hier, un chariot de télémédecine permet aux résidents de l’Ehpad de Chambon d’être diagnostiqués à distance. Innovant et unique dans la région.

Depuis hier, une génération qui, lorsqu’elle avait 20 ans, ne pouvait même pas imaginer ce que serait Internet, un ordinateur et la télémédecine… fait face à un système de diagnostic unique en Limousin.

Cette expérimentation est conduite à l’Ehpad Le Chant des rivières de Chambon-sur-Voueize auprès des quelque 80 résidents et brille tout autant par sa simplicité que par sa modernité. Simple, il l’est ce chariot de téléconsultation conçu par la société alsacienne Néolinks : un large écran surplombé d’une webcam et prolongé d’un clavier tactile sans aspérité assurant une désinfection rapide.

Révolutionner pour ne pas bouleverser la vie des patients

Sur ses roulettes, ce chariot baptisé Lim Star peut être amené jusqu’au lit des patients et, grâce à ses équipements – stéthoscope, otoscope, échographe, caméra grossissante pour dermatoscopie et, bientôt, électroencéphalogramme – peut assurer différentes mesures biologiques.

Objectif : transmettre ces données à un médecin, généraliste ou spécialiste, pour l’établissement d’un diagnostic voire guider, ici, les gestes d’un soignant sous la direction d’un spécialiste de l’autre côté de l’écran. Plus inattendu – pour le néophyte –, et c’est d’ailleurs à cela que Lim Star a commencé d’être utilisé depuis hier : l’établissement ou le suivi d’un diagnostic de psychogériatrie. L’entretien entre le résident de Chambon et le psychogériatre du CHS de Saint-Vaury se réalise désormais par écran interposé quand il fallait le déplacement du patient auparavant.

« Près de 68 % de nos résidents souffrent des maladies d’Alzheimer et apparentées, rappelle Madeleine Rouzeau, cadre de santé de l’Ehpad. Leur déplacement hors du cadre rassurant du quotidien qu’elles reconnaissent et souvent problématique, l’entretien à distance (*) permet d’éviter ce bouleversement. »

Révolutionner pour ne pas bouleverser… L’idée à de l’avenir et a été plantée sur un terreau fertile à Chambon, au sein du pays Combraille en Marche qui investit dans la santé depuis une décennie. La télémédecine, Joël Souchal, pharmacien et membre du CRS y songe depuis longtemps. De colloque en congrès, il a fini par croiser des ingénieurs pouvant répondre à ses attentes. Il en a parlé à Gaële Jackson-Pownall, nouvelle directrice de l’Ehpad depuis le 1er janvier 2013. Il lui a aussi glissé que l’interpréfecture Massif central lançait un appel à projets sur les nouvelles technologies.

La vision de l’un et l’effervescence de l’autre

Il n’en fallait pas plus à l’effervescente directrice pour se jeter à corps perdu dans le projet. En quelques mois, elle l’a bâti et déposé séduisant au passage, l’Agence régionale de santé ; mobilisant les généralistes de la ville ; intéressant le CHU de Limoges et l’hôpital de Montluçon ; correspondant aux ambitions du CHS de Saint-Vaury… Rien d’excessif, à peine 50.000 € subventionnés à moitié par les fonds Leader Massif central. Embarqué dans l’aventure, le personnel a été formé à cette nouvelle technologie et les tutelles ont l’œil braqué sur ce “Projet expérimental de plate-forme de téléconsultation à visée gériatrique”. Du CHU, le Dr. Dantoine, gériatre, en fera l’évaluation médicale. De son bureau, Gaële Jackson-Pownall établira la validité médico-économique de l’expérimentation : savoir ce que ça coûte et ce que ça économise en frais médicaux pour l’établissement et les caisses sociales.

Surtout, ce petit chariot est un atout pour répondre au grand défi : la pénurie de médecins. En éliminant le temps de déplacement – du soigné ou du soignant – ce temps médical si rare est intensifié.

L’équipe du Chant des rivières envisage déjà de la téléexpertise dermatologique examinant les escarres et maladies de peaux – pathologies fréquentes parmi ce public – et, pour le traitement des plaies, accompagnant le geste du soignant présent sur les conseils de celui qui est à distance. Un suivi, à distance aussi, du diabète et de l’hypertension ainsi que du poids du patient pour les pathologies cardiaques. Pour tous les cas, un télédiagnostic auprès du spécialiste ad hoc va évaluer la nécessité d’hospitaliser ou non et établira un diagnostic préalable à un transfert aux urgences… Imaginons même un examen choral de plusieurs professionnels de santé autour du cas d’un seul patient, tous à son chevet à travers une téléconférence distribuant les avis éclairés et partageant les données télétransmises…

Bref, un champ des possibles tout irrigué du chant des rivières. 

(*) L’usage de ce chariot de télémédecine se fait avec le consentement éclairé du patient qui peut le refuser avant ou même pendant la consultation.

Eric Donzé

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